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La Croatie : insertion internationale du nouvel Etat-membre

La Croatie deviendra le 28ème membre de l’Union européenne le 1er juillet 2013, une réussite pour ce pays d’Europe orientale issu de l’ex-Yougoslavie qui a su adopter des réformes politiques difficiles conformément aux requis de l’entrée dans l’Union européenne.
Par Colette Herzog, Deniz Ünal
Faits & Chiffres du 14 février 2012


La Croatie deviendra le 28ème membre de l’Union européenne le 1er juillet 2013.
 
Une réussite pour ce pays d’Europe orientale issu de l’ex-Yougoslavie qui a su adopter des réformes politiques difficiles conformément aux requis de l’entrée dans l’Union européenne. La Croatie a vu son revenu par tête s’accroître à un rythme soutenu depuis 1993 et pendant la majeure partie des années 2000. Mais la croissance s’est considérablement ralentie depuis 2008 sous le double effet de la crise financière et de la crise économique qui affecte le pays. Avec 4,4 millions d’habitants en 2011, et un PIB réel de 72 milliards de dollars, la Croatie a un PIB par tête qui représente environ 60% de la moyenne des pays de l’Union (Graphique 1A). Confrontée à la diminution de la demande intérieure et à la chute de ses exportations, la Croatie doit faire face à un taux de chômage élevé. Les déficits se sont creusés. L’endettement augmente, qu’il soit public (35% du PIB en 2009) ou extérieur (100% du PIB). Durement touchée, la Croatie a du mal à renouer avec la croissance, à la différence des nouveaux états membres, des pays candidats, ou même dans une moindre mesure de ses voisins de l’Ex-Yougoslavie (Graphique 1B).
 
Si l’Union européenne est depuis longtemps le premier partenaire commercial de la Croatie, ce constat doit toutefois être nuancé. La part de l’UE dans les exportations totales de biens de la Croatie est passée de 82% en 1995 à 57% en 2010 (Graphique 2A). Dans le même temps, la part de l’UE dans les importations totales de biens de la Croatie est passée de 82% à 66%. Ceci s’explique en partie par une intensification des échanges avec les pays issus de l’Ex-Yougoslavie, qui s’accompagne d’une diminution relative de la part de l’Allemagne qui cède notamment sa place de premier partenaire au profit de l’Italie. Ainsi, l’Allemagne n’est-t-elle plus en 2010 que le quatrième destinataire des exportations croates derrière l’Italie, la Bosnie et la Slovénie (Graphiques 2B et 2C).
 
Deuxième pays issu de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie (après la Slovénie) à entrer dans l’Union, la Croatie est, à l’image de l’Espagne, du Portugal et plus particulièrement de la Grèce, fortement engagée dans une spécialisation dans les services traditionnels (tourisme et transport de marchandises, Graphique 3 et Tableau 1). L’enjeu futur dans l’insertion internationale du nouvel Etat membre sera de diversifier sa spécialisation vers des secteurs plus dynamiques.

 




Références :
 
Colette Herzog et Deniz Ünal, Panorama de la spécialisation européenne, janvier 2012.
 
Colette Herzog et Deniz Ünal, « Industrie ou services : le dilemme de la spécialisation européenne », La Lettre du CEPII n°317, décembre 2011.
 
IMF, “Republic of Croatia: 2011 Article IV Consultation - Staff Report”, July 01, 2011.
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