CEPII, Recherche et Expertise sur l'economie mondiale
Dix ans après Doha

Communiqué de presse


15 novembre 2011

Il y a dix ans, le 14 novembre 2001, la quatrième conférence ministérielle de l'OMC marquait le lancement du Cycle de Doha. Aujourd'hui, ce Cycle est dans une impasse. Lionel Fontagné revient sur les raisons des blocages.

Il y a dix ans, le 14 novembre 2001, la quatrième conférence ministérielle de l'OMC marquait le lancement du Cycle de Doha. Aujourd'hui, ce Cycle est dans une impasse. Alors que les conférences ministérielles devraient permettre de régler les derniers détails avant la conclusion d'un accord, on ne peut pas en attendre autant de celle qui se tiendra à Genève du 15 au 17 décembre 2011. Cette huitième conférence ministérielle devrait porter uniquement sur les méthodes pouvant être envisagées pour débloquer les négociations.

Afin de comprendre les raisons de ces blocages, Lionel Fontagné examine l’impact économique d’une conclusion du Cycle. Pour cela il s’appuie sur les dernières propositions utilisées à la table des négociations, complétées d’une modeste évolution concernant la libéralisation des échanges de services. Il estime l’impact de ces accords dans un modèle dynamique d’équilibre général calculable représentant l’économie mondiale.
Quelques soient les scénarios envisagés, les gains liés à la signature d’un accord sont non négligeables même s'ils représentent un pourcentage limité du revenu mondial : 70 milliards 
de  dollars   de gains chaque année à l’horizon 2025 lorsque la libéralisation porte sur les biens agricoles et industriels, 85 milliards de dollars si la libéralisation porte aussi sur les services. La facilitation des échanges doublerait presque ces résultats. Néanmoins les pays ayant le plus de poids dans les négociations (Etats-Unis, Union Européenne) gagnent relativement moins d’un tel accord et seront surement plus réticents à l’ouverture de leurs frontières dans le contexte actuel de crise.

Un échec des négociations serait plus coûteux que la simple perte des gains liés à la signature d’un accord. Il s’accompagnerait sûrement d’une résurgence du protectionnisme, d’un regain du régionalisme et du bilatéralisme et surtout, décrédibiliserait le rôle de l’OMC comme régulateur.

Cette analyse étant menée à un niveau très détaillé, elle permet de prendre en compte la complexité des propositions et des enjeux. Les résultats sont d’autant plus pertinents qu’ils sont publiés à la veille d’une nouvelle conférence ministérielle et permettent de prendre l’ampleur d’un potentiel échec des négociations. 
 

La Lettre du CEPII n°315, Dix ans après Doha, Lionel Fontagné, le 14 novembre 2011.

CEPII Working Paper 23-2011, Economic Impact of Potential Outcome of the DDA,
Yvan Decreux and Lionel Fontagné, CEPII Working Paper 23-2011,
le 23 novembre 2011.

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Sophie Piton
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