CEPII, Recherche et Expertise sur l'economie mondiale
Rapport d'activité 2016


Depuis déjà quelques années s’accumulent les signes d’évolution structurelle des relations économiques internationales, qui ne sont décidément plus ce qu’elles étaient avant la crise économique et financière de 2008-2009. Les flux d’échange économiques restent intenses mais semblent avoir atteint un seuil, comme en témoigne le commerce international qui ralentit, les flux de financement bancaires internationaux qui n’ont plus retrouvé leur niveau d’avant-crise, ou les investissements directs à l’étranger qui se transforment mais manquent de dynamisme, hormis ceux émanant de Chine. Dans le même temps, les interdépendances sont plus élevées que jamais, sur fond de politique monétaire non conventionnelle, d’abondance de liquidités souvent sources d’instabilité, de menace de stagnation séculaire dans les économies développées, d’impératif de transition ou de crainte de ralentissement dans les économies émergentes.

Si ces transformations économiques ne sont pas nouvelles, elles ont semblé se cristalliser politiquement en 2016, sous la forme d’une réaction marquée contre la mondialisation. Le Brexit et l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis sont emblématiques de ce phénomène. Dans les deux cas, les analyses fines des votes ont montré que le degré d’exposition à la concurrence internationale en avait été l’un des déterminants importants, même s’il est loin d’en avoir été le seul. En Europe, la crise des réfugiés suscite des tensions politiques toujours très vives, tandis que les projets de traités commerciaux ont fait l’objet d’intenses controverses.

Au travers de ces différentes expressions, la mondialisation devient un sujet de plus en plus controversé. Pour la qualité de l’information du public comme pour celle du fonctionnement de notre démocratie, il est indispensable que les débats afférents à ces questions puissent se fonder sur une information de qualité, issue des analyses les mieux documentées et les plus rigoureuses. C’est à quoi s’efforce le CEPII, en s’appuyant sur une variété de sujets et d’approches complémentaires. Le large écho reçu par ses travaux comme leur solide réputation de qualité attestent de l’utilité et du succès de la démarche.

Un diagnostic plus approfondi était cependant utile. C’est pourquoi, en accord avec le Conseil du CEPII, j’ai sollicité un groupe placé sous la présidence du Professeur François Bourguignon pour réaliser une évaluation d’ensemble du Centre. Leur rapport est riche d’enseignements. Il dresse un constat d’ensemble positif de l’activité du Centre, estimant notamment que "le CEPII a été créé en 1978 pour remédier à la faiblesse de l’économie internationale en France. Près de 40 ans plus tard, on peut conclure que le pari est réussi. La France est dotée d’un centre d’études qui suit et analyse attentivement l’évolution de l’économie internationale. Pour ce groupe d’évaluation, le CEPII doit être non seulement maintenu mais, dans la mesure du possible, renforcé". J’y vois à la fois une reconnaissance du travail accompli, un encouragement de grande valeur pour toutes les parties prenantes au CEPII, et une invitation – accompagnée de suggestions précieuses – à redoubler d’efforts pour en accroître l’utilité. À l’heure où les questions d’économie internationale revêtent une telle importance, nos exigences de qualité doivent rester au plus haut.

Toute l’équipe du CEPII se joint à moi pour vous souhaiter une agréable lecture de ce rapport d’activité.

Jean Lemierre
Président du Conseil du CEPII